Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 10:54
L'une des dernières lois organiques en date de la République reste la LOLF : Loi d'Orientation sur les Lois de Finances, 31ème tentative de réforme des règles byzantines régissant la dépense publique qui jusqu'alors dépossédaient le Parlement pourtant élu de son pouvoir de contrôle et d'orientation de la dépense publique.

Il n'est pas inutile de se souvenir que son vote, en 2002, a été l'occasion d'un de ses très rares consensus entre la gauche et la droite parlementaires.

L'une des ambitions affichées de la LOLF était de rendre au Parlement les moyens de son autorité sur la dépense publique, qui est, l'oublie-t-on au centre de l'actuel débat relatif à la gestion des suites de l'abomiffreuse crise financière, celle qui faillit priver les malheureux épargnants dépassant les plafonds d'épargne protégée de leurs précieuses rentes.

Les moyens de l'autorité incluent l'expertise : expertise parlementaire en matière de comptes publics dont la nécessaire création faisait de la Cour des Comptes un (coûteux) doublon.

Maintenant que cette vénérable institution n'a plus de bouclier d'envergure politique suffisante pour lui épargner la simple application des lois de la République, quand mettra-t-on la clé de la Cour des Comptes sous la porte ?

Qui d'autre que le Front National oserait prendre de front les gardiens de la rente que constitue trop souvent l'appartenance à l'ordre judiciaire pour fermer une institution faisant désormais double emploi ?
Par Salcon
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 10:21
Les Guignols de l'Info, institution vieillissante, donnèrent de Lionel Jospin l'image d'un homme traitant son pays de "pays de merde". L'analyse de sa réforme constitutionnelle (passée par référendum, elle, et pas par les mains des courtisans de Byzance comme les divers bricolages qui s'ensuivirent), qui concentrait clairement les pouvoirs entre les mains du Président de la République et de son gouvernement invite cependant à se poser quelques questions : que fallait-il donc entendre par "pays" dans ce contexte ? Mon opinion est claire : il fallait y voir nos chères institutions.

Le Conseil Constitutionnel a donc sanctionné la Taxe Carbone sauce Sarkozy. Soit.

Etudions les motifs de cette analyse des plus institutionnelles, de la qualité de celles qui consacrèrent l'immunité du chef de l'état, la validation d'élections législatives donnant deux fois plus de poids à la voix d'un corrézien qu'à celle d'un habitant de la Seine Saint-Denis et quelques célèbres autres...

On a pour l'essentiel reproché à la Taxe Carbone Sarkozy d'épargner les industriels, ce qui étaient pour le moins exact. Notons cependant ceci : aux dernières nouvelles, et avec le soutien renouvelé à plusieurs reprises du Conseil Constitutionnel, la France appartient à l'Union Européenne, dont l'un des premiers objectifs est la construction d'un marché unique des biens et des services se donnant pour vocation la performance et pour moyen de cette fin la concurrence libre et non-faussée.

Taxer les industries d'un pays donné et pas celles d'un autre n'est-il pas une atteinte à la concurrence ?

Pas pour le Conseil Constitutionnel, manifestement. Il ne s'agit pourtant pas de la défense de l'intérêt national, mais tout simplement de l'intérêt européen : lorsque la concurrence libre est le moyen de la productivité sensée assurer l'avenir de l'Europe (en permettant le financement des dépenses publiques de modernisation de l'économie européenne, notamment), désavantager quelques acteurs industriels du marché unique, c'est diminuer la concurrence et donc, nuire à l'intérêt immédiat du consommateur et à l'intérêt à long terme de l'Europe.

Grande découverte que voilà : toute politique fiscale, pour être conforme à l'intérêt des européens et de l'Europe, doit être européenne. Toute initiative fiscale nationale s'oppose donc à l'intérêt des européens. C'est donc par souci de l'intérêt des européens qu'il convenait d'éviter de taxer les industries implantées sur le sol national. Certes, le Conseil Constitutionnel n'a que faire de l'intérêt des européens me direz-vous : mais il est aussi le gardien de l'ordre constitutionnel, qui intègre en totalité la méthode européenne de par les décisions mêmes de ce même Conseil Constitutionnel et donc, la défense du principe de concurrence libre et non-faussée. Ainsi se réconcilieront utilement le pinaillage juridique et l'intérêt de nos concitoyens, européens bien que français.

Mais que pouvait-on espérer de commentateurs de l'ordre constitutionnel qui, visiblement, oublient que le traité de Maastricht, passé par référendum, lui, et pas par les mains des courtisans de Byzance. Est-il si étonnant de constater qu'ils oublient que les règles de limitation des déficits publics qu'institue le traité voté de Maastricht sont d'ordre constitutionnel comme le reste des traités européens l'est, comme le qualifient tant de décisions relatives ? Du moins, lorsqu'on prend le temps de constater qu'est constitutionnel tout ce qui nourrit la polémique visant à affaiblir le gouvernement légitime de la République, mais que ne l'est pas tout ce qui nuit à la puissance et la capacité de reproduction de l'élite de ces grands défenseurs de la démocratie qui se qualifient de contre-pouvoirs sans jamais rechercher les suffrages de leurs concitoyens, du haut de leurs éminents mérites républicains ?

Qui d'autre que le Front National aurait le courage politique de faire connaître à ces vieillissants experts le sort que le commun d'entre nous subit lorsqu'on est plus à même d'analyser le monde qui nous entoure pour ce qu'il est ?
Par Salcon
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 10:03
Le nouvel an est l'occasion de bien des dérèglements : au premier rang desquels ce réveil d'un certain narcisisme aviné qui veut qu'en bon individu rationnel, on prenne quelques bonnes résolutions pour l'année à venir.

J'aurais certes pu me contenter comme tout le monde de me promettre de maigrir, de faire du sport, et de lire Valeurs Actuelles. Je veux dire, le lire attentivement.

L'année 2009 aura dans mon esprit été l'année de toutes les démagogies. Nous aurons eu la crise financière, au cours de laquelle les états se portent désormais garants de toutes les dettes, sauf celles de leurs citoyens, cependant, avec la bénédiction de toute l'intelligentsia d'intellectuels et d'économistes experts sans lesquels nous ne serions sans doute jamais arrivés là, d'ailleurs. Nous aurons aussi eu la crise sanitaire, illustrée par l'exemple de cette merveilleuse technostructure à la française finissant, en toute indépendance, par commander à elle seule 18% de la totalité des vaccins contre la Grippe A produits dans le monde, et concevant une organisation de vaccination vaccinant 5 fois moins de patient par personnel employé que n'importe où ailleurs. Nous passerons sur des déficits publics atteignant désormais des niveaux soviétiques, à ceci près que les soviétiques ne faisaient guère d'efforts pour enjoliver leurs comptes là où notre gouvernement s'y consacre avec assiduité. Et sans doute en oublie-je.

Pendant ce temps, on peine à comprendre en quoi les revendications des Conti, des amis d'Elie Domota et même certaines revendications de quelques catégories de travailleurs peu protégés de la mondialisation (par opposition aux médecins, avocats, journalistes, professeurs, élus de tout poil, éditorialistes subventionnés et autres grands serviteurs de nos si chères institutions) ne trouvent pas cette écoute attentive que les meilleurs d'entre nous accordent aux banquiers, assureurs, fonctionnaires européens et autres bricolocrates. Et, au risque de sembler bien prétentieux, j'affirme pourtant quelque expérience en matière de branlette intellectuelle diplômée, ayant depuis fort longtemps compris qu'il ne faut pas trop travailler pour vivre bien tout en gardant quelque ennuyeuse culpabilité envers tous ceux, simples travailleurs, qui vivent moins bien que moi pour que je vive un peu mieux.

Mes sympathies pour les thèses les plus gauchisantes ne s'exprimera pourtant pas de sitôt dans les urnes, tant la tradition de collaboration avec l'institution de la gauche de gouvernement est solidement établie. Je reste profondément convaincu que notre pays, la France, est bien trop généreuse avec ses intellectuels. Et que si l'on pouvait espérer de Nicolas Sarkozy quelque saine réorientation en 2007, force est de constater que ce Président ne semble guère déterminé à faire face au destin historique qui pourtant l'attendait. Alors, puisqu'il faut en arriver là, je prendrai ma carte au Front National.
Par Salcon
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